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Investir le 27 Janvier 2012

5 Mai 2012, 10:55am

 

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Faut-il plus d'actionnaires salariés ?

 

Le capital des entreprises cotées devrait-il être plus largement ouvert aux salariés ? Capitalistes et travailleurs peuvent-ils faire bon ménage ? La question, parmi d'autres, a été débattue cette semaine lors d'une table ronde organisée par l'agence de communication financière Euro RSCG C&O dans la perspective des assemblées générales annuelles qui débutent en avril. L'achat d'actions par les salariés a un coût pour l'entreprise (abondement des versements) et pour ses actionnaires ordinaires, auxquels il est demandé de renoncer à leurs droits préférentiels de souscription pour permettre des émissions réservées à prix préférentiel. En contrepartie, les salariés développent-ils un esprit d'entrepreneur, sont-ils plus motivés, plus performants, plus fidèles ?

La réponse dépend peut-être de la façon dont les actionnaires salariés sont associés aux décisions stratégiques de leur employeur. Selon Colette Neuville, présidente de l'Association des actionnaires minoritaires (Adam), « la place des salariés n'est pas suffisante dans les conseils d'administration. S'ils avaient eu davantage leur mot à dire ces dernières années, on aurait sans doute vu se développer des stratégies moins risquées, et les entreprises seraient aujourd'hui plus solides ». Elle dénonce l'excès de sous-traitance, de délocalisation, la gestion en flux tendus, pratiques qui dopent la rentabilité à court terme mais font courir des risques de qualité ou de rupture de la chaîne d'approvisionnement.

La première étape ne consiste-t-elle pas à clarifier la façon dont les droits de vote des actionnaires salariés sont exercés en AG par les conseils de surveillance des fonds communs de placement d'entreprise (FCPE) ? Selon un groupe de travail de l'AMF, les représentants des dirigeants ne doivent pas participer à la définition de la politique de vote du FCPE. La victoire dans ce sens chez Total, obtenue de haute lutte en justice par Me Daniel Richard, a changé la donne. Cet avocat spécialisé dénonce la « docilité  des représentants d'actionnaires salariés de certaines sociétés où, peu respectés, ils sont une réserve de voix pour les dirigeants ». Ne faudrait-il pas plutôt leur faire confiance pour militer dans le sens d'une croissance plus durable ?

 

 

jean-luc champetier

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