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Le Courrier Picard le 23 Octobre 2012

30 Octobre 2012, 10:09am

FAITS DIVERS La spirale du jeu le mène à la mort

Benjamin Cavalon, 23 ans, s'est suicidé parce qu'il ne pouvait payer une dette de jeu contracté chez un buraliste de l'Oise. Celui-ci s'est fait retirer son agrément par la Française des jeux.

Un buraliste de l'Oise assigne la Française des Jeux (FDJ) qui lui a retiré l'agrément après le suicide d'un joueur. «Je n'avais aucune raison de ne pas prendre les paris de ce jeune homme. S'il ne s'était pas suicidé les choses auraient continué comme avant. En me retirant mon agrément la Française des jeux veut me faire porter le chapeau. »

Depuis le 13 juillet dernier, Michel Chomyn, propriétaire du Chiquito, un café-tabac situé à Trie-Château, au sud de l'Oise près de Gisors dans l'Eure, ne peut plus commercialiser les jeux à gratter de la FDJ ou encaisser les paris de ses clients. Il a d'ailleurs décidé d'attaquer l'entreprise de jeux en justice car il considère que cette décision est totalement injustifiée.

Il jouait plusieurs fois 16 000 € par semaine

En avril et mai dernier, Benjamin Cavalon, un jeune homme de 23 ans est devenu un client assidu du Chiquito. Il ne buvait pas d'alcool mais jouait de forte sommes. Il lui arrivait même de jouer plusieurs fois 16 000 € par semaine. Le jeune homme gagnait parfois de grosses sommes qu'il rejouait aussitôt. «Nous avions fini par sympathiser et il m'est arrivé à plusieurs reprises de lui dire qu'il jouait trop mais il me répondait en rigolant. Ici je n'ai jamais forcé personne à jouer. En plus il payait avec des chèques certifiés par la banque et ça n'avait jamais posé de problème. »

Un mot d'adieu à sa famille

Selon M. Chomyn, la FDJ, constatant que de fortes sommes étaient pariées dans son établissement, avait ouvert une enquête pour savoir comment les paris étaient réglés. Rassurée, elle n'avait pas exigé d'arrêter de prendre les paris du jeune homme. Le 24 mai dernier, Benjamin Cavalon quitte, au volant de sa voiture, le domicile de son père à Chaumont-en-Vexin. Il a auparavant laissé un simple mot dans lequel il dit adieu à sa famille et à ses amis. Quelques heures plus tard, le jeune homme se suicide en région parisienne. La raison de ce geste désespéré : une dette que Benjamin Cavalon pense ne pas pouvoir régler. Deux chèques, de 16 000 et 53 000 euros, que la banque a retournés impayés et qui restent à la charge du buraliste.

GEORGES CHARRIÈRES

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