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Le Parisien le 25 décembre 2012

27 Décembre 2012, 11:33am

L’Ecureuil vendait du rêve à ses clients
La Caisse d’épargne a été condamnée pour publicité
mensongère. Des milliers de clients ont été abusés par la
promesse de doubler le capital investi. 


Bruno Mazurier | Publié le 25.12.2012, 07h00 

 

266 000 particuliers avaient investi dans Doubl’Ô, un fonds commun de placement de la Caisse
d’épargne basé sur 12 valeurs internationales. (LP/Jean-Baptiste Quentin.)
Une bonne nouvelle pour des milliers d’épargnants et une « première qui va faire
jurisprudence », selon leurs avocats, Me Hélène Feron-Poloni et Me Daniel Richard ! La
Caisse d’épargne vient d’être condamnée pour « publicité mensongère » par le tribunal
correctionnel de Saint-Etienne (Loire) dans la vente de son placement Doubl’Ô.
 
L’affaire remonte au milieu des années 2000. Des dizaines de milliers de particuliers — 266
000, dont « beaucoup avaient puisé dans leur livret A » précise l’Association française des
usagers des banques — constatent qu’au lieu de toucher le double du capital investi six ans
plus tôt, ils se retrouvent avec une somme rognée de milliers d’euros. Pourtant, selon eux, la
banque leur avait fait miroiter un placement sûr et prometteur : Doubl’Ô, un fonds commun
de placement investi sur 12 valeurs internationales, présentait, selon la plaquette publicitaire,
« un potentiel exceptionnel de croissance ». Dans le pire des cas, précisait l’établissement,
« vous êtes assuré de retrouver au minimum la valeur initiale du capital investi ».
 
Pour Me Hélène Feron-Poloni, il s’agit de « publicité mensongère ». « Ce placement a été
formidable pour la Caisse d’épargne et désastreux pour ses clients », poursuit Me Daniel
Richard. La banque a ainsi récolté plus de 2,13 Mds€ et engrangé près de 30 M€ en droits
d’entrée. Depuis 2008, des centaines d’épargnants, dont ceux du Collectif Lagardère contre
les abus bancaires (Clab), ont attaqué la banque.

 

Plusieurs dizaines de décisions de justice en France
 
Partout en France, plusieurs dizaines de décisions de justice ont déjà été rendues, tantôt
favorables à la banque, tantôt à ses clients, notamment pour défaut de conseil « plus facile à
prouver que la publicité trompeuse », souligne Daniel Bernard. Pourtant, il y a deux ans, c’est
bien pour ce dernier motif que la Direction de la consommation et de la répression des fraudes
avait épinglé l’Ecureuil : « Aucun document publicitaire ne mentionne le doublement du
capital comme étant une simple possibilité », relevaient ses enquêteurs.
 
Du côté de la Caisse d’épargne, qui vient de faire appel de cette décision, on affirme n’avoir
jamais promis le doublement du capital. « La seule garantie donnée concerne la restitution du
capital, moins les droits d’entrée », assure son avocat, Marc Henri.

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