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Le Telegramme le 22 Novembre 2012

27 Novembre 2012, 17:54pm

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Suicide d'un joueur. Un buraliste se rebiffe

23 novembre 2012

Un buraliste réclame 482.000euros à la Française des jeux (FDJ) qui lui a retiré son agrément après le suicide d'un joueur.

  • Selon une enquête de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, 600.000 personnes sont touchées par l'addiction aux jeux d'argent et de hasard. Photo Claude Prigent

Un buraliste de Trie-Château (Oise) réclame 482.000euros à la Française des jeux (FDJ) pour lui avoir retiré «abusivement» son agrément après le suicide d'un joueur ayant perdu des dizaines de milliers d'euros dans son commerce. Ce commerçant a assigné la FDJ devant le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), département où se situe le siège de l'entreprise. Une première audience de procédure s'est déroulée jeudi. Une autre est prévue le 18décembre pour laisser le temps à la FDJde fournir ses arguments et ses pièces.

Une rupture «brutale» et «abusive»

Le procès n'aura pas lieu avant début 2013, selon le conseil du buraliste, Me Daniel Richard, qui dénonce une rupture «brutale» et «abusive» du contrat de détaillant, et ce, «sans la moindre mise en demeure». En juillet, le gérant du bureau de tabac Le Chiquito s'était d'abord vu couper le terminal des jeux tels Loto, Rapido et Euro Millions, puis retirer tous ses jeux de grattage. L'intéressé explique avoir reçu une lettre de la FDJ lui reprochant d'avoir «fait crédit» à un joueur compulsif et de n'avoir rien tenté pour le dissuader de jouer. Des reproches «sans preuves», selon son avocat. Ce jeune joueur de 23 ans s'était suicidé au printemps en se jetant du pont de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). D'avril à mai, il s'était mis à parier plusieurs fois par semaine, essentiellement sur des matches de basket-ball de la fédération américaine NBA. Il aurait misé 10.000 ou 15.000euros à chaque fois avec des chèques de banque puis 53.000 et 16.000euros avec des chèques classiques émanant de proches qui sont revenus impayés chez le buraliste, ce dernier perdant au total 69.000euros.

«On frise la catastrophe»

«En aucun cas, il ne présentait des signes d'addiction. Il ne sautait pas en l'air quand il gagnait, n'était pas euphorique», précise le buraliste qui réclame 432.000euros pour compenser la perte de chiffre d'affaires de son commerce - qu'il évalue à 30% - et 50.000euros en réparation de son préjudice moral. «On frise la catastrophe. Avant on fermait à 20h avec difficulté, aujourd'hui on pourrait presque baisser le rideau à 18h30», explique le buraliste. Selon une enquête de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, publiée en septembre2011, 600.000 personnes(1,3% de la population) sont touchées par l'addiction aux jeux d'argent et de hasard.

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