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Libération le 22 Juin 2010

25 Juin 2010, 12:55pm

Liberation.fr

ÉCONOMIE 22/06/2010 À 07H19

Procès Kerviel: l'ex-PDG Bouton attendu à la barre

Daniel Bouton, en 2008.

L’ancien président de la Société Générale Daniel Bouton, 60 ans, sera ce mardi après-midi parmi les derniers témoins au procès de Jérôme Kerviel, le trader qu’il avait traité de «terroriste» après l’annonce de la perte historique de 4,9 milliards d’euros début 2008.

Après onze ans à la tête de la Société Générale, dont il avait contribué à faire l’un des fleurons de la finance mondiale, Daniel Bouton avait quitté la banque fin avril 2009 sans les honneurs, après une série de scandales liés notamment aux rémunérations de ses dirigeants.

Après l’affaire Kerviel, il avait été très critiqué, y compris par le chef de l’Etat qui estimait anormal qu’un dirigeant reste en place après un tel «dysfonctionnement». Nicolas Sarkozy a d’ailleurs confirmé en janvier dernier avoir demandé sa démission.

Jérôme Kerviel, 33 ans, jugé depuis le 8 juin par le tribunal correctionnel, encourt cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende.

Les six derniers témoins sont appelés ce mardi, avant les plaidoiries des parties civiles mercredi, les réquisitions jeudi et la plaidoirie de la défense vendredi, pour un jugement qui sera alors mis en délibéré.

«Sans Bouton, y aurait-il eu un Kerviel?»

Parmi eux, un ancien secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Gérard Rameix, est attendu le matin, et M. Bouton vers 16 heures. Le tribunal sera alors censé étudier le «débouclage» (la liquidation) des quelque 50 milliards d’euros de positions «frauduleuses» qu’avait prises Jérôme Kerviel en janvier 2008.

Après l’annonce de cette affaire sans précédent, M. Bouton avait qualifié Jérôme Kerviel d’«escroc», «fraudeur», «terroriste»…

Sa présence au procès n’a pas été demandée par la défense, consciente qu’il n’était pas personnellement au courant de ce que faisait Jérôme Kerviel, ni par les avocats de la banque, qui la jugeaient «ridicule». Mais elle a été réclamée par les avocats de cinq salariés ou retraités actionnaires de la banque, parties civiles.

Me Daniel Richard a précisé à l’AFP qu’il comptait lui demander «quelles valeurs» la Société Générale «enseignait à ses traders» et évoquer «les années Bouton, qui ont été les années fric». «Sans Bouton, y aurait-il eu un Kerviel?» s’interroge l’avocat.

(Source AFP)

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