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Le Parisien le 5 Avril 2013

8 Avril 2013, 23:14pm

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Le buraliste réclame 480 000 € à la Française des jeux

Privé de son agrément après le suicide d’un gros parieur, un buraliste a décidé de se battre contre la Française des jeux pour obtenir réparation.

PATRICK CAFFIN | Publié le 05.04.2013, 04h52

 

«Je pense que tous les buralistes de vont être attentifs à ce procès contre la , les enjeux sont très importants et cette profession est en colère. » Mardi dernier, Me Daniel Richard a déposé de nouvelles conclusions dans l’affaire Michel Chomyn, ce buraliste de Trie-Château qui s’est vu retirer son agrément en juillet dernier par la Française des jeux après le d’un jeune joueur de 23 ans, accro aux paris sportifs.

Le buraliste estime son préjudice à 430000 € et il réclame en outre 50000 € de dommages et intérêts.

La prochaine audience, qui devrait être la dernière, est fixée au 24 mai prochain devant le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour les plaidoiries finales des deux parties. Si le montant réclamé par Michel Chomyn est resté le même, l’argumentaire de son avocat s’est étoffé. « J’ai tenu à préciser certaines choses, indique-t-il. Dans ses conclusions, la FDJ réfute toute forme de responsabilité. Ce n’est pas acceptable. Elle a été capable de repérer les paris de la famille Karabatic qui étaient pourtant bien moins importants. Dans notre affaire, ce sont près de 150000 € qui ont été pariés. Aujourd’hui, la FDJ avance qu’elle croyait aux paris d’un groupe de joueurs. Jamais mon client n’a évoqué un groupe de joueurs. Non, la seule chose qui a intéressé la FDJ, c’est comment ce gros parieur payait. Quand elle a su que c’était par chèque de banque, elle n’a plus donné de nouvelles. La progression considérable des mises entre le 1er janvier et le 28 avril 2012 aurait dû suffire à provoquer un contrôle sur place d’un organisme qui se dit très soucieux de ne pas avoir affaire à des joueurs addictifs. Or il n’y a eu aucune investigation. Si, après le drame, le père du parieur n’avait pas écrit à la FDJ, il n’y aurait jamais eu de suite et mon client aurait toujours son agrément. »

Pour la FDJ, le buraliste serait totalement responsable du suicide du joueur. Il aurait incité la victime à jouer à crédit et encouragé au jeu « un joueur présentant des signes d’excès ». Une argumentation rejetée par Me Richard. « C’est le père de la victime qui pose les bonnes questions, précise ce dernier. Existe-t-il un plafond d’une mise jouée sur un même pari? Est-il autorisé de jouer plus de cent fois le même pari? Est-il normal d’encaisser tous les deux ou trois jours des chèques de banque de 25000 € ou 15000 € ? La FDJ ne répond pas. Les buralistes vendent du tabac, de l’alcool et des jeux. Ils ne sont ni psychiatres, ni policiers, ni assistantes sociales. Ils n’ont pas à répéter à leurs clients que le tabac tue ou que l’alcool et les jeux sont dangereux. »

Le Parisien

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