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Au feminin

3 Mai 2005, 00:00am

Publié par Richard

"A propos de benefic si ça interesse quelqu'un"
Envoyé par camille314 le 24 juin  à  19:13

pour tous ceux qui ont souscrit un PEA et qui veulent porter plainte
AFUB 45/47 rue St denis 75001 Paris
un avocat est déjà mis en place.



juin 2003 - N 203 - l'Evènement

Contre les banques, la grogne monte

Des épargnants portent plainte contre La Poste, laccusant de les avoir trompés en vendant Bénéfic comme un produit protégé contre toute baisse. Un dossier suivi par dautres établissements, bientôt concernés.


Mercredi 4 juin, un jour presque ordinaire au siège spartiate de lAssociation française des usagers des banques (Afub), dans le XXe arrondissement de Paris. Au courrier, sans doute un peu gonflé compte tenu de la grève de la veille, plusde 300 lettres consacrées aumême sujet : Bénéfic, un produit dépargne commercialisé par La Poste entre octobre 1999 et mars 2000 auprès de 300000clients. Jamais lAfub na reçu autant de plaintes sur un même dossier : au moins 3000 de- puis un mois, depuis que Le Figaro et Le Parisien ont attiré lattention de leurs lecteurs, bientôt relayés par les chaînes de télévision. Car le dossier est en or, et va bien au-delà des seuls guichets de La Poste et du milliard et demi deuros investi sur Bénéfic : au cur des préoccupations des Français, qui ne savent plus comment protéger leur épargne, laffaire met en cause les banques, accusées davoir multiplié les fonds à promesses (voir le graphique ci-contre, et les autres produits sous le feu des projecteurs, page 13), promesses exagérément mises en scène par le marketing agressif des établissements financiers.
Bénéfic, lépargne musclée : +23% à trois ans , affichait la plaquette commerciale, avec surtout, sur la même page, cette signature en forme dengagement, Restez gagnant même si le Cac baisse. Bref, à première vue, un taux de rémunération alléchant, à condition que les indices progressent, et une garantie de ne pas perdre son capital, sils devaient régresser. Sauf quil y avait, derrière la promesse de garantie, un astérisque Ces fameux astérisques, qui renvoient en dernière page des brochures, et qui, pour celle de La Poste, précisent dans un fatras de 44lignes en petits caractères que le capital nétait protégé que jusquà une baisse de 23% des indices. Or, depuis les dates de souscription de Bénéfic, le Cac a chuté de plus de 50%. Adieu donc promesses de rendements alléchants, bonjour les désillusions des épargnants, les accusations de publicité mensongère, les procédures judiciaires
Pour Isabelle Caillaboux-Rouquet, qui va défendre les plaignants de lAfub, le mécanisme nest pas réellement décrit et le vocabulaire est très choisi : à aucun moment on ne lit le mot perte, ni le mot limite, ni même le mot risque. Et puis dans les dossiers qui saccumulent sur le bureau de Serge Maître, secrétaire général de lAfub, il y a des cas lourds. Des souscripteurs dont tout le patrimoine financier a été placé sur Bénéfic. Dautres qui ont vu fondre leurs indemnités de licenciement. Bref, des clients qui avaient besoin dun placement sûr, et qui ont investi sur la foi dune garantie en capital. Devant lampleur du dossier, Serge Maître annonce que son association va engager une action en justice groupée. Pendant ce temps-là, Daniel Richard, un avocat spécialisé dans la défense des épargnants, a pris contact avec Patrick Werner, le directeur des services financiers de La Poste, et demande réparation pour 30 de ses clients, tous souscripteurs de Bénéfic.
Mardi 20 mai, Luc Châtel, député de la Haute-Marne, qui a été chargé par le Premier ministre dune mission parlementaire sur la consommation, intervient. Il demande à Jean-Paul Bailly, président de La Poste, de saisir son médiateur. Le nombre de dossiers traités par Daniel Richard est multiplié par dix. Et à lAfub le standard saute : il faut installer deux lignes téléphoniques réservées aux souscripteurs de Bénéfic mécontents.

La Poste nen démord pas. Le 21mai, Serge Maître rencontre à son tour Patrick Werner. Prévu pour durer une demi-heure, lentretien se prolonge pendant deux heures. Cest un véritable dialogue de sourds. La Poste se défend bec et ongles : le produit était prévu pour offrir 23 points de mieux que la performance de lindice de référence. Soit, pour la dernière version arrivée à échéance fin mars, 35% de perte. Bien moins que si les souscripteurs avaient investi directement sur les indices. Et Patrick Werner dinsister : Nous avons conçu ce produit, en pleine euphorie des marchés, dans une optique sécuritaire. Nous voulions proposer un placement de risque intermédiaire entre les obligations et les actions. A lépoque, la vraie question était de faire comprendre à nos clients quils ne pourraient pas gagner plus de 23%. Le patron des services financiers consent toutefois une petite ouverture : Sil y a eu des erreurs de conseil flagrantes, ce qui est toujours possible dans un grand réseau comme le nôtre, nous les réparerons le plus rapidement possible.
Du côté de lAfub, Serge Maître, rompu aux techniques de négociation des banques, ne veut pas entendre parler dun règlement au cas par cas. Certain dobtenir réparation pour les situations très délicates, il réclame une transparence sur les critères dindemnisation, ce que refuse Patrick Werner. Du coup, lAfub va sen remettre à la justice, au travers dune plainte groupée, menée par maître Caillaboux-Rouquet. Mais lassociation nest pas autorisée à faire de la publicité pour alerter dautres souscripteurs, comme cela se fait aux Etats-Unis.
Les choses pourraient bien changer dici à quelques mois. Car le député Luc Châtel réfléchit sur une procédure collective pour les litiges de la consommation courante, dont laffaire Bénéfic est emblématique : Pour les clients, cela représente souvent un montant qui ne justifie pas de sadjoindre les services dun avocat. Les entreprises pourraient donc bientôt voir apparaître une version édulcorée des class action suits à laméricaine.
Ce nest pas la seule raison pour laquelle le dossier est suivi avec une extrême attention dans les couloirs des autres établissements financiers. Dès cette semaine, dautres fonds à formule, construits sur le même modèle que Bénéfic, arrivent à échéance. A commencer, le 9juin, par Ecureuil Europe 2003, des Caisses dépargne. Erik Pointillart, le patron dEcureuil Gestion, a imposé dès le mois de mars un traitement personnalisé de chacun des souscripteurs. Pas question de nous cacher sous le bureau, insiste-t-il. Il est ainsi possible dexpliquer à nos clients que nous avons beaucoup mieux protégé leur épargne que sils avaient joué des indices qui ont chuté de plus de 50%. Cela suffira-t-il à leur faire accepter la perte du quart de leur mise? Au moins la brochure de la Caisse dépargne mentionnait-elle explicitement que la garantie du capital était assurée jusquà 20% de baisse de lindice. En première page et surtout en gros caractères

Comment sont élaborés ces produits?
Bénéfic a été proposé à une époque où les marchés montaient sans cesse. La préoccupation était donc datténuer leffet dune baisse éventuelle au moyen dun correcteur à la hausse: les gérants plaçaient une petite partie de la mise dans des options (produits dérivés). Mais, personne nanticipant une chute des actions de 50% en trois ans, ils ne se sont pas couverts pour cette éventualité. Aujourdhui, largument de poids est la garantie du capital. Afin de pouvoir le restituer intégralement, les gérants versent les fonds sur des placements obligataires, qui rapportent peu mais présentent un risque faible. Cest en plaçant les intérêts quils font fructifier les fonds à formule. Ils les investissent dans des produits dérivés, à très fort effet de levier.

Comment sont-ils vendus?
Les cas les plus litigieux de souscription de Bénéfic (personne âgée vidant son Livret A, par exemple) sont souvent dus à un zèle des conseillers de La Poste. Pourtant celle-ci, comme la quasi-unanimité des réseaux bancaires, assure aujourdhui que ses vendeurs ne touchent pas de commission sur un produit plutôt que sur un autre. Et à La Poste, on rappelle quà ses guichets comme ailleurs les souscripteurs de sicav repartent toujours avec une notice visée par la Cob qui détaille les mécanismes du produit.

Comment sont rédigées les brochures?
De temps en temps, en termes de marketing bancaire, La Poste y allait un peu fort, admet un concurrent. Car ce sont les promesses publicitaires plus que la qualité du produit qui sont en cause. A lépoque, dans tous les réseaux, les brochures multipliaient les messages comme doublez, triplez ou +25%, vantant la seule performance et minimisant le risque. Or, dans le monde de la finance, ce qui augmente la performance, cest justement le risque. Mais allez vendre un produit en demandant au client "Combien êtes-vous prêt à perdre?", ironise Erik Pointillart, patron dEcureuil Gestion, même si intellectuellement lidée le séduit plutôt.
Aujourdhui, la notion de risque apparaît davantage sur les plaquettes commerciales, depuis que la Cob demande à les voir avant de délivrer son visa aux nouveaux fonds. Les banquiers, premiers étonnés de lirrationalité des marchés, nosent donc plus promettre la lune. Pourtant, il faut bien séduire le chaland. Les pros du marketing bancaire sont là pour enrober les fonds à formule de noms évocateurs: Cordillère, K2, Booster, Speeder, Energetic A défaut dun chiffre choc, lidée de performance est là. Pour prouver le bien-fondé du scénario aux prospects, la plaquette sappuie sur les évolutions passées. Un dernier argument peut déciderle client : il doit se dépêcher, loffre est toujours limitée dans le temps. Héloïse Bolle et Damien Pelé


Héloïse Bolle

Damien Pelé

Un concept dépargne qui plaît aux Français


Entre fin 2000 et fin 2002, alors que lindice Cac 40 de la Bourse de Paris a chuté de près de 50 %, les fonds à formule, comme Bénéfic, aujourdhui sous les feux de la rampe, ont connu un succès grandissant : leur nombre a progressé de 88 %, et les encours ont gonflé de 56 %. Dans certains réseaux, jusquà 80 % de la collecte destinée à une épargne de moyen et long terme se fait sur ces produits.


plus on sera mieux aboutira notre demande
merci à tous

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